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Accueil des émotions et conséquences de leur non-acceptation.




Les émotions, ces phénomènes aux ressentis corporels nous permettent de colorer nos expériences de vie et de donner du sens à notre existence.


Lorsque les conditions sont favorables, les émotions se développent par étapes. En voici cinq, selon Greenberg et Paivio (1997).


- L’émergence de l’émotion face à une situation.

- La prise de conscience de cette émotion.

- L’appropriation par l’acceptation de cette émotion comme une entité faisant partie de notre identité.

- L’expression de l’émotion.

- L’achèvement de l’émotion ou la fin du processus.


Lorsqu’il nous est possible de laisser ses différentes étapes cheminer en nous, les émotions n’ont pas d’impacts négatifs sur notre état émotionnel dans la longévité. Au contraire, apprendre à laisser nos émotions « aller et venir » peut nous amener à comprendre le message délivré par celles-ci car bien souvent, elles émergent suite à la manifestation plus ou moins subtile d’un besoin sous-jacent. Malheureusement, certains blocages peuvent apparaître à l’une ou l’autre étape du processus et entraver son déroulement.


Par exemple :

- L’émergence d’une émotion pourrait être repoussée car jugée comme non-acceptable.

- Un refus de reconnaissance et le déni cette émotion pourrait entraver la prise de conscience de celle-ci.

- Des enjeux identitaires pourraient nous laisser penser que « ressentir ça, ce n’est pas moi ». Il y aurait donc désappropriationde l’émotion.

- L’expression pourrait se trouver bafouée par des diktats sociaux tels que « un homme ça ne pleure pas »! (Ueli Kramer et Emna Ragama, 2016)


Et le processus de l’achèvement de l’émotion échoue. Pourquoi ? Car bien souvent, nous tentons d’être dans le contrôle de nos émotions. Nous essayons de les diriger voire de les supprimer or, nous ne pourrons jamais "échapper" à nos émotions. Tant que nous vivrons, nous aurons des émotions.


Face à certaines d’entre-elles, nous avons parfois la possibilité de poser une action concrète pour enrayer le facteur déclencheur. Exemple : une fuite dans la plomberie de la cuisine. Une fois le plombier passé, l’énervement (colère) suite à la constatation de la fuite s’achève et l’émotion se dissout.


En effet, certaines émotions peuvent disparaître lorsque le problème est résolu. En revanche, cela ne peut pas « fonctionner » de façon systématique car parfois, nous nous trouvons face à des difficultés impossibles à résoudre sur l’instant, comme la maladie. Enfin, d’autres problèmes plus ou moins dramatiques tels que la perte d’un être cher, un licenciement etc. seront insolubles.


Puisqu’il est impossible d’éradiquer nos émotions, il est alors nécessaire de leur faire de la place. Afin de mieux comprendre cette nécessité, imaginez-la enfermée dans un espace clos et trop étroit. Plus elle sera tenue à l’écart, plus elle se sentira non-acceptée. Plus elle se sentira non-acceptée, plus elle s’amplifiera et plus elle s’amplifiera, moins elle aura d’espace. Viendra alors le moment où des mécanismes tels que l’explosion, l’implosion, la dissociation ou la distraction par compensation apparaîtront.


Pour lui créer un espace suffisant afin de lui permettre de suivre son propre mouvement, de passer, de délivrer son message et puis de nous quitter, offrons-lui un plein accueil. Souhaitons-lui la bienvenue!


Enfin, n’oubliez jamais qu’une émotion ne dure jamais éternellement et si vous parvenez à l’accueillir sans la repousser, à l’accepter sans la juger, à la "tolérer" puis à la "libérer", un espace de sérénité s'étendra... jusqu’à la prochaine plongée! Comme le dit Edel MAEX, psychiatre et formateur en pleine conscience « Les émotions s’arrêtent toujours d’elles-mêmes. Ni les douleurs les plus profondes ni davantage les plus grandes extases ne durent éternellement ».


Par Céline Jennequin.


Bibliographie :

Edel Maex, Apprivoiser le stress par la pleine conscience, De Boeck Supérieur, 2017, 3ème édition.

Ueli Kramer et Emna Ragama, La psychothérapie centrée sur les émotions, Elsevier Massons SAS, 2015.

Russ Harris, Passez à L’ACT, De Boeck, 2012, 4ème édition.


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